Vous souvenez-vous ? Lorsque nous étions en Slovaquie, nous observions du parc national du paradis Slovaque, la magnifique chaîne des montagnes, les Tatras, barrière naturelle avant de passer en Pologne. Et bien chose dite, chose faite !

Nous nous sommes rendus dans la petite ville de Zakopane où nous avons décidé de nous reposer une nuit en Auberge avant de rejoindre ce fameux toit de la Pologne. Le lendemain, après avoir laissé quelques affaires à l’auberge, ni une ni deux, nous voilà en route vers le parking de Palenica, le début de la randonnée jusqu’au pied de la montagne.

Les montagnes rocheuses s’imposent face à nous entourées de forêts mais nous n’arrivons pas à distinguer quel est le Mont Rysy et nous commençons la marche sur une route bétonnée parmi des centaines de personnes. Pour faciliter la randonnée jusqu’au lac de Morskie Oko, des calèches tirées par de magnifiques chevaux, transportent des personnes que nous trouvons un peu paresseuses, jugement que nous reverrons après l’ascension !

Les lac cristallins bordant le mont Rysy…

Quelques cascades avec une eau pure et fraîche nous permettent de nous désaltérer et d’apprécier la marche. Après 2h30 sous le soleil et les gros sacs chargés sur le dos, nous arrivons enfin au lac de Morskie Oko… À première vue, il y a un monde fou et quelques bâtisses en bois puis un magnifique lac comme sorti de nul part. Une eau limpide d’une couleur bleu-vert illuminée… Il n’y a pas à dire, la marche en valait la peine. Ce lac a d’ailleurs été classé parmi les cinq plus beaux au monde par les journalistes de The Wall Street Journal.  Nous décidons de marcher autour pour trouver un coin non rempli de touristes afin de manger. Une jolie cascade semble le parfait endroit ! Il commence à se faire un peu tard pour grimper au sommet de ce géant, poser la tente afin de se reposer un peu ne sera pas du grand luxe mais… interdiction de camper dans le parc national et vu le monde autour de ce lac, il va falloir avancer.

Ça tombe bien, en montant quelques interminables marches de pierres, un deuxième lac, nommé Czarny Staw pod Rysami   et notre fameuse montagne s’offrent à nous. Mêmes couleurs magnifiques que le précédent mais, un côté presque obscur, et certaines parties bien plus foncées révélant la profondeur vertigineuse du cratère (environ 76 mètres).

C’est parti pour une longue attente le temps que ce lieu mystérieux se vide de tout visiteur ! Le soleil commençant à se coucher, nous installons nos tentes… J’observe au loin, sur le versant escarpé, le chemin sinueux et essaye de détecter les derniers randonneurs qui pourraient passer là où nous sommes. Après plusieurs heures à observer, j’ai l’impression de connaitre le chemin par cœur même si je ne distingue pas tout jusqu’au sommet. Une fois la nuit tombée, des randonneurs courageux reviennent de leur ascension et nous disent dans un anglais approximatif qu’il y a des ours ! Pas de problème, nous avons connu ça en Roumanie…Une fois dans la tente, l’inquiétude de se faire expulser du lieu nous gagne et nous ne fermons pas l’œil de la nuit… À 4 heures le réveil sonne, nous plions bagages. Malgré la fatigue, c’est parti pour l’ascension !

Aucune gêne !

La bonne idée de cacher nos sacs dans les buissons me vient et c’est avec un sac juste rempli d’eau que nous démarrons. Le soleil ne s’est toujours pas levé, aucune âme en vue, le panorama qui se déroule est fort beau ; avec d’un côté le lac et de l’autre la montagne. Sur le chemin, tout droit sorti d’un compte pour enfant, un cerf nous observe tranquillement passer à seulement quelques mètres de lui. Ce moment restera intime jusqu’à la rencontre avec des chamois qui semblent nous narguer, sautillant avec aisance sur les rochers. À peine l’ascension entamée, je me sens déjà essoufflée et vide d’énergie après cette nuit blanche et seulement 2 biscuits dans l’estomac. Il faut avancer sur un escalier en pierres naturelles interminable.

Les deux lacs bien visibles à 2000 mètres !

À moitié chemin, nous apercevons les deux lacs l’un à côté de l’autre, comme s’il n’y avait pas de distance entre les deux et nous nous posons quelques instants pour apprécier le levé du soleil sur ces montagnes qui bornent l’horizon.

Un spectacle incroyable, les lacs sont illuminés par le soleil, les montagnes semblent plus accueillantes malgré leur aspect entièrement rocheux. Lorsque nous pensons approcher du sommet, nous voilà confrontés à des rochers pointus et glissants avec quelques chaînes pour nous aider. D’ailleurs, dans le dialecte local, Rysy signifie “entaille” ou “crevasse” en raison des nombreuses crevasses et couloirs d’avalanche.

Je commence à m’inquiéter quand je ne vois plus les marquages rouges et blancs de la randonnée…nous avançons sur des chutes de pierres tout en essayant de retrouver le chemin. Une trentaine de minutes plus tard, nous nous encordons perdus au milieu de ces pierres glissantes et finissons par rebrousser chemin. Après quelques frayeurs, nous rejoignons deux randonneurs un peu plus bas et retrouvons notre chemin. Je n’ai plus d’énergie dans les jambes, une tension basse et les crocs. Je me demande à chaque pas comment nous allons faire pour redescendre jusqu’au parking en une traite. “Il reste 300 mètres, 200 mètres, 150 mètres” m’informe Terence. Je suis à bout de mes forces et ces quelques mètres semblent interminables. Je décide donc de m’asseoir sur un bout de rocher, m’accrochant à une chaîne afin de les attendre le temps qu’ils atteignent le sommet et reviennent.

Les randonneurs commencent à défiler devant moi, tous à bout d’énergie. Ce qui m’aura le plus choqué est de voir des Polonais chaussés de converses, vêtus de t-shirt et d’un tout petit sac accompagnés de petits enfants de 8 ans grimper cette montagne physiquement épuisante. Finalement, je finis par regretter cette longue attente dans le froid, le vent et à observer le vide.

Deniz et Terence me raconteront que les 150 mètres restantes étaient les plus difficiles de l’ascension avec quelques passages juste au dessus du vide. Arrivés au sommet, ils ont pu contempler un lac similaire du côté Slovaque et la chaîne des Hautes Tatras. Deniz également à bout de force, fait une crise d’hypoglycémie et frôle le malaise au sommet…. Une barre de céréales lui apportera un peu d’énergie pour redescendre !

2499 mètres !

Pas de bol, nous voilà à redescendre sous la pluie et l’orage. Décidément, nous ne profiterons pas à sa juste valeur ce lieu exceptionnel accessible à tous bien que physique ! Les chaines puis les marches de pierres s’enchaînent, toutes glissantes pour ajouter un peu plus de challenge à notre fatigue. Le premier lac atteint après de nombreuses glissades, nous récupérons les sacs et rejoignons le lac de Morskie Oko avec difficulté. Chaque pas était un enfer et nos estomacs criaient famine.

Pour une fois, nous n’avons pas pu attendre et avons commandé des sandwichs dans l’un des chalets. 

Heureux d’avoir repris quelques forces, nous avons dû marcher jusqu’au parking de Palenica. Quelle ascension ! La prochaine fois, nous nous reposeront comme il se doit… Nous espérons la refaire un jour en passant par le côté Slovaque après une bonne nuit de repos !

Itinéraire et infos pratiques si vous ne faites pas d’autostop :


Bus Cracovie (à la gare, centre MDA) => Zakopane : environ 20 zloty/personne, durée 2h15
Bus Zakopane (centre) => parking Palenica : environ 10 zloty/ personne, durée 45 min
Parking Palenica => Lac Morskie Oko : environ 2h30 de marche
Lac Morskie Oko => Lac Czarny Staw pod Rysami : environ 30 min
Ascension du mont Rysy à partir du Lac Czarny Staw pod Rysami : 4h en moyenne (juste l’aller).
Nous avons appris qu’il y avait un refuge du côté Polonais : le refuge Palenica Białczańska mais également un autre à 45 minutes du sommet, côté Slovaque : le refuge de Chata pod Rysmi. Du côté Slovaque, l’ascension est plus facile car moins pentue et rocheuse.
Nous vous laissons découvrir l’ascension en vidéo :

Auteur : Sehriban
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1 Comment

  1. Herve Groos Reply

    Très belle nature! Profitez profitez pleinement! Bravo pour ce petit raid.

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