Comment aller en Chine, sans visiter l’une des 7 merveilles du monde ? Avant même d’arriver à Pékin, Terence s’est renseigné sur les parties les moins touristiques de la muraille de Chine. Qui dit touristes, dit milliers de personnes… Et oui, nous sommes dans un pays qui compte tout de même plus d’un milliard d’habitants ! Nous l’avons bien constaté durant certaines visites, notamment celle de la cité interdite, où nous peinions à circuler.

Notre choix s’est donc porté sur la section de Jiankou (箭扣), l’une des sections les plus dangereuses et sauvages de la muraille à 80km de Pékin.

Nous avons commencé le stop en direction de cette section et arrivés non loin de là, une jeune fille nous intercepte sur la route avec un anglais approximatif. Elle nous explique que nous ne pouvons nous rendre là, que c’est interdit par la loi et trop dangereux. De plus, il semblerait qu’un événement s’y produise en ce moment même. Dubitatifs, nous essayons de lui faire comprendre que nous voulons continuer mais elle insiste et nous montre une autre section de la muraille plus abordable : Mutianyu (慕田峪). Nous changeons donc de direction et nous dirigeons, un peu agacés, vers Mutianyu.

Surprise ! Sur place, nous nous rendons compte que c’est inondé de tours opérateurs, des téléphériques et la muraille est complètement rénovée ! Dépités, nous repartons en arrière et arrivons à faire comprendre à un gentil chauffeur que nous souhaitons nous diriger à Jiankou. Il accepte de nous y conduire à la vue de nos sacs énormes : nous avons emporté avec nous beaucoup d’eau et de nourriture, en vue de randonner quelques jours sur la muraille.

Il nous emmène non loin de là, dans le village de Buzi (堡子). Quelques restaurants et hôtels sont présents, mais peu de touristes. Un panneau « The great wall » avec une flèche me rassure, il y a très certainement un chemin, vu les falaises abruptes de la montagne… Après avoir bien mangé, histoire de prendre des forces, nous commençons la randonnée !

Des locaux viennent nous faire comprendre que nous ne pourrons pas monter avec nos sacs, mais ne sachant pas ce qui nous attendait, nous partons tout de même, chargés comme des mules.

Quelques rubans et bouteilles sont accrochés aux arbres, des personnes sont passées là avant nous. Nous croisons deux/trois boui-boui bien cachés puis un semblant de chemin. Le soleil tape, 20 et 30 kg de sacs sur nos épaules, la fatigue se fait bien ressentir. Un chemin étroit en pleine forêt, des rochers en plein milieux à escalader, voilà comment commence l’ascension.  Plus on avance, et plus les rochers sont gros, la randonnée se transforme vite en escalade… Il n’y a pas de chemin à proprement parler. Quelques déchets jonchent le sol, ce qui me rassure (aussi bizarre que cela puisse paraître), je me dis que si d’autres personnes sont passées par là, nous pouvons le faire !

La terre disparaît complètement à certains endroits pour laisser place à de la roche assez glissante, où il est difficile de trouver appui. Peu sûre de moi, et le sac étant très lourd, Terence passe devant et moi et me permet d’avancer en me lançant une paracorde. La pente devient particulièrement raide, et nous devons continuer uniquement sur de la roche pendant une heure ou deux. Heureusement, nous pouvons nous aider soit de quelques arbustes, soit de petites failles pour s’accrocher.

 

Arrivés au bout de ces roches, je suis contente de retrouver un chemin de terre. Peu de cailloux, mais la pente s’incline de plus en plus, et nous devons, pour éviter de tomber, nous accrocher à chaque pas, à des racines bien solides. La terre glisse sous nos pieds, les branches nous fouettent le visage, nous avançons à quatre pattes dans une jungle. Au bout de 4h30, le sommet de la montagne se dévoile enfin, mais la muraille n’est toujours pas là. Nous n’avons pas le choix que de continuer, sachant que la nuit tombe vers 18h, et qu’il est presque 17h… Après quelques efforts, Terence me fait remarquer qu’il y a des pierres venant de la muraille à nos pieds, certainement des blocs qui se sont cassés avec le temps et ont dévalé la montagne. Après quelque temps, un bout de la muraille est enfin là, des larmes couleraient presque de joie et de fatigue. Nous nous hissons sur ce mur et pouvons enfin fouler cette merveille et observer le paysage époustouflant qui s’offre à nous.

Elle est bien là, sous nos pieds,et sous son aspect d’origine. Sauvage et construite avec de grands rochers blancs, essentiellement à base de dolomites et de briques, cette partie de la muraille n’a jamais été réparée depuis sa construction en 1368 sous la dynastie des Ming.

Nous nous dépêchons de ramasser quelques bouts de bois avant la tombée de la nuit et le coucher du soleil. Aucune pierre n’est fixe, c’est une partie complètement délabrée, mais qu’importe, nous y sommes. Nous trouvons un lieu plat à côté d’une tour et y posons la tente. La muraille s’étend de façon irrégulière et sauvage sur plusieurs kilomètres le long de la crête de la montagne avec des falaises abruptes de part et d’autre. Le coucher du soleil sur les paysages vallonnés et la muraille est juste incroyable. Une fois la nuit tombée, nous observons Pékin avec toutes ses lumières autour d’un bon repas bien mérité.

Au petit matin, nous rejoignons tant bien que mal, 2 kilomètres plus loin le village de Xizhazi (西栅子村). Il ne s’agit plus de marcher mais plutôt d’escalade sur des endroits bien escarpés, car la muraille est complètement détruite à certains endroits. Les marches sont cassées, les briques parfois juste empilées et quelques passages sont plus que vertigineux. Cette randonnée est donc conseillée aux sportifs et amateurs de sensations fortes, mais la vue sensationnelle en vaut largement le coup ! Nous avons d’ailleurs croisé seulement deux photographes le matin, mais venus de l’autre côté, par un chemin beaucoup plus simple.

Informations utiles :

Comment s’y rendre ?

En stop comme nous ! Le stop marche super bien en chine, mais il faut avoir un texte traduit expliquant que nous n’êtes pas perdus et que vous souhaitez seulement avancer grâce au stop et non prendre les transports en commun.

En bus : prendre le bus no.916 ou 936 à Dongzhimen (Pékin) et changer de bus en fonction de votre destination. Le plus simple est de montrer au chauffeur ou aux locaux que vous souhaitez vous rendre à Buzi, ils vous aideront sans soucis !

Taxi : les taxis ne sont pas excessivement chers. Selon les villes, les 2 premiers kilomètres sont facturés 13 ou 8 Yuans, puis il faut rajouter 3 ou 2Y par kilomètre.

Le chemin de randonnée se trouve derrière le grand panneau « The great wall », vous y verrez quelques rubans accrochés, puis des bouteilles d’eau sur des branches.

Une paracorde peut-être utile si vous êtes deux, équipez-vous de bonnes chaussures et de vêtements chauds selon la saison. Vous trouverez de quoi vous restaurer et dormir à Buzi et les autres villages alentours.

Durée : environs 4 à 5h de montée.

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