Le mont Emei ou Omei, ou encore Emei Shan (峨嵋山) culminant à 3099 mètres, une des quatre montagnes sacrées de Chine, est l’origine même du bouddhisme en chine. C’est ici, dans ce paysage surréaliste, dans le Sichuan, que fut édifié au Ier siècle le premier temple bouddhiste chinois. Il est d’ailleurs inscrit sur la liste du patrimoine mondiale naturel et culturel par l’UNESCO depuis 1996.

Bien remis de notre ascension à Jiankou grâce à quelques jours de repos à Chengdu, nous avons souhaité nous attaquer aux 60 000 marches de ce mont.

Depuis la ville d’Emeishan, où nous avons cette fois préféré laisser nos gros sacs, nous avons eu la chance de tomber en stop, sur un jeune médecin et sa petite sœur qui se rendait également au mont Emei via les marches interminables (et non via les bus qui déposent à 2500m). Des routes de montages, mènent jusqu’à l’entrée du parc qui couvre une superficie de 15 400 hectares. L’entrée est bien évidemment payante, et le ticket est valable pour 3 jours.

Des restaurants, hôtels, magasins de souvenirs, et beaucoup de touristes pendant les premiers kilomètres juste venus s’approcher des singes. Le massif est peuplé par des macaques du Tibet, qui ont bien compris que les touristes donnent à manger ou en transportent dans des sachets en plastiques. Ils sont d’ailleurs bien téméraires, et s’attaquent à tous les sacs plastiques ! Malheureusement, c’est un nouveau business pour les locaux, qui en profitent en prenant des photos pour les revendre ensuite. Nous ne nous attardons donc pas, et préférons avancer.

Des temples, une jungle luxuriante et des lacs d’une couleur vert émeraude, un paysage que l’on dirait tout droits sorti d’une peinture….

Des cascades, des bambous, des lianes, nous nous retrouvons plongés dans l’univers du livre de la jungle ! Subjugués par le paysage, nous avançons parmi les flopées de touristes qui se font de moins en moins nombreux contrairement aux marches, qui deviennent petit à petit interminables.

L’environnement est très humide, et pesante. Il fait gris, et une légère pluie vient accentuer l’humidité. Nous avançons doucement pour économiser nos forces jusqu’au temple que nous devons rejoindre pour dormir. Les nombreux tournants, les quelques parcours sans marches, les cascades, les petits restaurants et les temples rendent la randonnée moins monotone. De nombreuses pancartes indiquent qu’il faut faire attention aux singes, mais hormis les endroits fréquentés, nous en avons croisé aucun pendant la montée. Certains passages sont assez raides et glissants mais rien de bien dangereux.

Quoi qu’il en soit, nous ne risquons pas de mourir de faim ou de soif… Nous croisons à peu près toutes les demi-heures, des petites maisonnettes qui vendent de quoi se restaurer, boire et même des plantes médicinales. Il est aussi agréable de voir que de nombreuses toilettes et poubelles sont présents tout le long du chemin.

A la tombée de la nuit, nous arrivons dans l’un des plus grands temples, le monastère de Xianfeng, où nous avons la possibilité de nous restaurer, de dormir et même de prendre une douche bien chaude, rien que ça !

Très tôt le matin, nous entendons les moines commencer leur cérémonie et avons la chance de pouvoir les observer. Il est déjà presque 8h, nous décidons de repartir, toujours accompagnés du jeune médecin, de sa petite sœur et d’un autre couple rencontré dans le temple. Chacun avance à son rythme.

Les marches continuent, bien entretenues, malgré quelques passages où il y a eu quelques éboulements. La jungle est toujours aussi belle, très humide, beaucoup d’espèces d’oiseaux et de plantes que nous n’avons jamais vu, certainement spécifiques à la région, étant donné que le massif abrite 200 espèces de plantes endémiques.

Cette fois, nous croisons quelques porteurs, assez vieux mais vifs ! Je m’incline devant leur courage. Monter puis redescendre pour remonter, nous passons quelques sommets dans les nuages jusqu’au mont Emei, à 2500 mètres. Nous sommes littéralement dégoûtés par la vision du parking, des bus remplis de tours, des restaurants, des milliers de touristes, des téléphériques… Quel contraste avec la montée, où n’avons croisé seulement quelques personnes ! Nous continuons quelques kilomètres sous la pluie et la brume, mais non loin du sommet, agacés par le monde et le manque de visibilité, nous décidons de faire demi-tour et repartir en stop. La montée pendant deux jours, la beauté des paysages et des temples valaient largement les nombreuses marches.

Au sommet, des touristes à perte de vue venus en téléphérique

Malheureusement la courte durée du visa nous presse et nous ne pouvons redescendre par les marches pour visiter d’autres temples mais l’expérience n’en a pas été moins riche.

Informations utiles :

  • Se rendre à Emeishan, pour accéder aux routes de montagnes jusqu’au parking à l’entrée du parc (attention, il y a des parkings et des portes gigantesques à la sortie de la ville où il est possible d’acheter des tickets et de prendre le bus, mais il ne s’agit pas du pied de la montage). Il faut prendre un bus pour s’y rendre ou faire du stop, qui fonctionne tout aussi bien !
  • Des bus se rendent jusqu’au premier parking, et même jusqu’à 2500m. Les tarifs varient entre 20 et 80Y selon la distance et la saison. La saison haute (16 jan-14 déc) et la saison basse (15 déc-15 janv). Il est également possible de prendre le téléphérique jusqu’au sommet à partir des 2500 mètres, les prix varient entre 65 et 20Y par personne dépendant du sens et de la saison.
  • L’entrée du parc est de 160Y par personne et est valable 3 jours.
  • Il est possible de se restaurer, d’acheter de quoi boire (et même des cannes et petites affaires) et d’être logé dans les temples tout au long de la montée. Un lit simple en dortoir nous a coûté 80Y par personne et les plats sont environs à 20Y.

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